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Les mégalithes dans la région de Bonneval (Eure et Loir).

Sortie découverte sous la direction de Jean-Luc Renaud, membre de la SPF.

 

C'est dans le cadre du centenaire de la Société préhistorique française que Jean-Luc Renaud, membre de la SPF, nous a fait découvrir le 21 mars 2004 les nombreux mégalithes de la région de Bonneval. Sur la photo ci-dessous, monsieur Renaud (en premier plan) explique avec passion aux participants la raison d'être de cette "Pierre de Beaumont" à Trizay-lès-Bonneval, l'un des dolmens les mieux conservés du Bassin parisien.

 

"Pierre de Beaumont" à Trizay-lès-Bonneval

Les dolmens avaient une fonction funéraire, en tant que sépulture collective, ancêtre de nos caveaux de famille.

Les monuments mégalithiques (du grec, signifiant «!grande pierre!») firent leur apparition au Néolithique.
Au néolithique en effet, en Europe, les populations se sédentarisent, découvrent l'agriculture et l'élevage . Les premières techniques agricoles sont rudimentaires, mais apparaissent la roue et l'araire.
L'homme moud également le grain des premières céréales qu'il cultive. Il le consomme sous forme de galettes. Il découvre aussi la poterie en terre cuite, qui lui permet de conserver des aliments. L'exploitation et la taille du silex, pour fabriquer outils et armes (car il reste un chasseur), n'ont plus de secret pour lui.
Ce sont également des bâtisseurs de mégalithes, dolmens et menhirs.

 

 

Allée couverte de Quincampoix à Charonville (côté sud)

Les dolmens servaient de sépultures pour ces peuples tandis que les menhirs avaient certainement la fonction de bornes de territoires sinon de symboles religieux (culte de la fertilité probablement).

 

 

 

Allée couverte de Quincampoix à Charonville (côté nord)

En Europe, ces monuments ont été principalement érigés à l'époque néolithique. Par la suite, selon les époques, ils ont fait l'objet d'analyses et d'interprétations les plus diverses, à commencer par les pierres impies condamnées par la religion chrétienne ou les mécréants pétrifiés par Dieu.
Le folklore leur accorde aussi une place de choix, faisant intervenir géants ou fées dans leur construction ou les voyant comme des repaires de korrigans et autres lutins malicieux.
Ce peut être aussi des pierres du Diable, ou au contraire des pierres bienfaisantes apportant fécondité et fertilité à celles et ceux qui s'y frottent.
Aux 18e et 19e siècles, les "savants" y ont vu l'œuvre des Celtes, confusion qui a perduré jusqu'à aujourd'hui, les "autels druidiques" étant légion, sans oublier le célèbre tailleur de menhirs gaulois Obélix.

Le Néolithique final s'épanouit avec les grandes cultures mégalithiques, qui vont se prolonger durant le Chalcolithique, période qui d'ailleurs, bien souvent, ne se distingue du Néolithique final que par la présence de quelques objets en métal (or et cuivre).

 

Menhir de l'Ormorice à Bonneval-sur-le-Loir.

 

Ces vestiges de cultures disparues de l'époque néolithique, soit environ trois mille ans avant Jésus-Christ, sont d'ultimes témoignages. Classés monuments historiques, ils sont, en principe, protégés des dégradations, mais ils méritent tout de même vigilance et respect.